Ryan O'Connell - Just By Looking At Him

 I miss obsessing over boys whose names, in six months' time, would elude my grasp if I saw them in a bookstore.

Il y a environ un mois, pendant les vacances de la Toussaint, j'ai décidé d'aller au Natural History Museum de Londres. J'avais réservé mes billets, et bien m'en a pris puisque je me suis évité une file d'attente d'une longueur que je n'avais jamais observée grâce à ça. Mais une fois dans le musée, c'était la catastrophe : je n'y suis même pas resté une heure car il y a avait un monde fou et que je ne pouvais pas profiter de ma visite, j'étais au bord de la crise d'angoisse du fait des bruits et de ne pas pouvoir marcher sans piétiner et d'être bloqué dans un mouvement de foule semi-éteinte. Alors, j'ai quitté le musée et j'ai marché pendant une quarantaine de minutes pour me calmer, et je suis tombé sur Waterstones Picadilly, où je suis entré, sans savoir qu'il s'agissait-là de la plus grande librairie d'Europe... C'est là que j'ai trouvé Just By Looking At Him, que j'ai acheté au rayon LGBT (le plus grand que j'aie jamais vu).

Synopsis

source : https://www.goodreads.com/book/show/59366226-just-by-looking-at-him

Elliott appears to be living the dream as a successful TV writer with a doting boyfriend. But behind his Instagram filter of a life, he’s grappling with an intensifying alcohol addiction, he can’t seem to stop cheating on his boyfriend with various sex workers, and his cerebral palsy is making him feel like gay Shrek. 

After falling down a rabbit hole of sex, drinking, and Hollywood backstabbing, Elliott decides to limp his way towards redemption. But facing your demons is easier said than done.

Mon expérience de lecture

Un livre très/trop sexuel

J'ai commencé à me remettre (pour la n-ième fois) à lire grâce à ce livre, que je voulais attaquer dans le Tube (y a pas de réseau 90% du temps et faire des trajets d'une heure sans rien pour s'occuper... bof quoi). Mais, et même si je savais que le livre était un peu naughty du fait des commentaires au dos, j'étais super gêné de lire ça en public quand la première page parle du pénis du mec du narrateur-personnage. Le livre est très sexuel, ça parle d'annulingus, de sauna, de dick pics à droite à gauche et je pense clairement qu'il faut le savoir parce que même si c'est bien fait, je ne suis pas assez à l'aise avec ces sujets pour lire ça dans un lieu bondé (qui plus est dans un pays où les gens parlent anglais et comprennent ce que je lis lol).

Le caractère sexuel du livre sert néanmoins l'histoire (déjà parce que le travail du sexe en est l'un des thèmes forts) et m'a drôlement surpris, les scènes sont criantes de réalisme et étrangement assez touchantes.

Un livre d'adultes

J'étais heureux de lire un livre LGBT+ avec des personnages adultes. En effet, j'ai de plus en plus de mal à m'identifier à des personnages ados car :

  • soit le livre est trop récent et j'ai l'impression d'avoir eu une adolescence trop différente pour m'identifier. Le monde dans lequel les personnages évolue me semble de plus en plus étranger.
  • soit je m'identifie, mais au passé.

J'avais lu (quelque part, me demandez pas la source) qu'en grandissant, on avait besoin de lire et de voir des personnages plus âgés que soit pour se construire. Ici c'est le cas, et ça faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivé car je restais dans des lectures ados/jeunes adultes qui j'avais déjà auparavant. Les personnages ont la trentaine et sont à des stades de vie qui me parlent beaucoup plus. C'était assez rafraîchissant.

But there are times I would trade it in for another chance to sit on a friend's porch for five hours, drinking boxed wine and recapping last night's shenanigans - which is silly because you spent the whole evening together and the only reason you did anything crazy was so you'd have something to talk about the next day, on the porch, with the same people, before going out and doing it all over again.

Les relations entrecoupées

Aussi, je trouve que, évoluant à ma manière dans le milieu gay (grindr, même si ça va pas vraiment plus loin), j'ai reconnu énormément de choses dans ce livre. La description de la hook-up culture et des sortes de relations parasociales (les gens qui interagissent tous les 36 du mois sur grindr mais ne se rencontrent jamais - qui se reconnaissent mais dont l'interaction reste minimale) est assez poussée. On trouve pas mal cette idée des gens qui s'utilisent entre eux pour assouvir des fantasmes avant de vraiment s'intéresser aux autres, et j'aurais préféré ne pas trop voir ça car ça sonne vrai.

Le livre questionne aussi le modèle du couple et la nature des sentiments que les gens se portent ; je pense qu'il est intéressant car il montre aussi ce que c'est qu'une relation amoureuse qui a évolué dans le temps et qui n'est plus comme au premier jour. 

Le handicap

Le fait que le personnage soit handicapé (paralysie cérébrale) m'a bien évidemment beaucoup parlé car certaines de ses expériences recoupent ce qu'une personne autiste peut vivre. Les cheminements de pensées que le personnages a sont aussi sensiblement similaires.

La fin m'a énormément touché puisqu'elle est assez douce et idéale, surtout après tous les rebondissements de l'histoire. J'ai beaucoup aimé qu'elle soit plus lente que le reste.

Conclusion

Je crois que c'est une très bonne lecture pour quelqu'un qui se questionne sur sa place dans le milieu gay, notamment pour l'intersection intéressante que le livre offre entre culture homosexuelle et handicap. C'est aussi un livre qui fait se sentir bien. Je pense juste qu'il faut être averti des scènes particulièrement graphiques qui y sont décrites.

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