véganisme et pureté - pourquoi il vaut mieux être un mauvais végane qu'un pas végane du tout ?
pourquoi j'ai détesté les végétariens
quand je suis devenu végane, je me suis rapproché·e des convictions que j'avais en tant que végétarien·ne. en effet, je suis devenu·e végétarien·ne à l'âge de 13 ans : une de mes amies était elle-même devenue végétarienne après avoir vu des images horribles sur facebook. et je me suis dit que si elle en était capable, alors je le pouvais moi aussi. mes motivations de l'époque étaient vraiment centrées sur les animaux : je ne voulais pas qu'ils meurent, donc il ne fallait pas les manger (ou bien ils seraient tués).
or, en grandissant, j'ai assez vite trouvé que le végétarisme était hypocrite. je ne voulais pas être végane, non, ça c'était beaucoup trop extrême. mais pourtant :
- le fromage contenait souvent de la présure, alors j'ai arrêté d'en consommer, car ce n'était pas végétarien.
- l'industrie du lait est directement impliquée dans la mort d'animaux. en effet, seules les femelles sont dignes d'intérêt pour produire du lait, alors on tue les mâles qui ne donnent rien.
- idem pour les oeufs, et le fait que l'on broie les poussins mâles pour ne garder que des femelles, qui elles, pondront.
je faisais face à une impasse. ce que j'avais toujours pensé comme étant "la juste mesure" n'était en fait qu'une solution en tout point incomplète, puisque je continuais de causer la mort d'animaux.
c'est là que j'ai décidé d'être végane. j'étais au lycée, et ma famille était beaucoup plus avancée sur la question, ce qui a fortement aidé. le véganisme était la seule option qui me faisait me sentir droit·e dans mes bottes. j'avais regagné de l'estime pour moi-même, et mes convictions n'en étaient que plus fortes.
mais j'ai changé d'avis.
le véganisme n'a rien d'évident de prime abord
j'ai réalisé que mon véganisme n'était que le fruit d'une succession de réflexions. que je ne serais jamais devenu·e végane dès le début, parce que ça me semblait trop.
je voyais le végétarisme comme une porte d'entrée vers le véganisme, comme un stade transitoire. mais avant de le voir en tant que tel, il a bien fallu que cela soit un stade que j'imaginais comme définitif. je comprends les motivations qui poussent au végétarisme et je pense qu'il faut encourager les jeunes végétarien·ne·s.
finalement, ce qui a le plus changé chez moi, c'est que j'ai mieux pris conscience des contraintes qui s'imposent à chacun. mais je crois qu'au sein du véganisme peuvent se poser des questions de même nature que dans le végétarisme, alors même que le véganisme va plus loin. pourquoi ?
même en étant végane, il est impossible d'atteindre un niveau d'irréprochabilité totale en ce qui concerne les animaux. je peux faire des choix qui vont polluer l'eau et tuer les poissons. je peux faire des choix qui vont polluer les sols et tuer les vers, etc.
dois-je pour autant arrêter de faire des efforts parce que, foutu pour foutu, je fais déjà des erreurs ? non.
véganisme et morale
le végétarisme et le véganisme posent des questions qui sont d'ordre philosophique, surtout quand on pense à cette idée de pureté militante et d'irréprochabilité.
- je peux décider de me dire que toutes les actions qui iront dans le sens de la mort d'animaux seront négatives.
- je peux aussi établir un gradient, et me dire que certaines de mes actions sont meilleures/pires que d'autres.
c'est cette deuxième option en laquelle je crois. tout n'est pas tout noir ou tout blanc, mais je peux déjà faire au mieux pour respecter mes convictions en faisant attention à mon alimentation, à mes vêtements, à mes produits cosmétiques. rien ne me dit que le produit nettoyant que j'utilise pour déboucher mon évier est végane, ou encore que toutes les micro-pièces des outils que je possède ne sont pas faites à partir d'animaux ou de leurs produits.
cela ne veut pas dire que je m'autorise sciemment des écarts ; simplement qu'il y a des cas dans lesquels on ne peut pas savoir, d'autres cas dans lesquels on sait mais qu'on n'a pas d'alternatives, et d'autres cas dans lesquels on pourrait savoir mais pour lesquels on n'a pas une démarche analytique.
aucun végane ne peut être parfait, et le fait de réfléchir comme dans le cas (1) ne vous fera que du mal. vous aurez beau avoir toutes les bonnes intentions du monde, il n'est pas possible dans notre système d'avoir une consommation entièrement éthique sur le plan du monde animal (et qu'en est-il pour le reste...)
alors on se détend et on fait de son mieux, mais on ne se flagelle pas. les non-véganes le font suffisamment à notre place quand ils découvrent qu'on ne mange pas tous bio, tous local etc.
Très juste merci pour ces doux mots !!
RépondreSupprimermerci beaucoup de ton retour <3 je sais qu'en tant que végane on a tendance à beaucoup culpabiliser alors j'imagine qu'il faut répandre ce type de parole aussi
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