Steven Appleby - Dragman

All in all, no one at Pretty Pretty can work out if they knew any of the victims or not, because all the trans-girls and most pf the guys in the room, including himself, use scene names, meaning their secret lives and their real lives, or whichever way around you want to think of it, don't connect up. (p.158)

 A Waterstones toujours, avant mon départ à Liverpool (quand j'ai commencé à lire Young Mungo), j'ai aussi acheté ce livre. La promesse était assez intéressante, c'est d'un superhéros qui obtenait ses pouvoirs en s'habillant en femme. Comme cela faisait très longtemps que je n'avais pas lu de choses plus graphiques (bandes-dessinées etc.), je me suis dit que ce serait sympa pour changer.

Synopsis

Mon expérience de lecture

Un univers aux bases particulières

L'univers des personnages repose sur un principe fondamental qui est que l'âme existe, et qu'elle peut se vendre. On a donc un commerce d'âmes qui s'effectue de manière institutionalisée : personne ne sait réellement ce qu'il arrive aux âmes vendues, mais le fait de vendre son âme est souvent envisagé comme solution pour payer ses crédits et survivre. En vendant son âme, une personne se retrouve privée de toute notion de bien et de mal. La vente d'âme, et le fait de savoir ce qu'il advient d'une âme vendue, est un peu le fil rouge du livre.

En parallèle de cela, on a une société très réglementée dans laquelle les gens paient une assurance super-héros : c'est-à-dire qu'en cas de danger, si un super-héros passe dans le coin, ils seront protégés. Mais à l'inverse, pour les non-superhéros, il est de moins en moins possible d'aider son prochain. En utilisant ses pouvoirs pour sauver une petite fille tombant d'un immeuble sans être officiellement un superhérosTM, Dragman commet un acte illégal.

Le traitement de la transidentité

Le livre est aussi intéressant parce qu'il montre la transphobie à de nombreux niveaux, allant du mégenrage au fait de tout faire pour empêcher Dragman de devenir un superhéros car c'est un·e "weirdo", ou encore à une série de meurtres inexpliquée de personnes trans. D'ailleurs, l'identité de Dragman n'a pas été choisie par elle : on lui a attribué ce nom immédiatement dans les médias (et elle ne peut s'en départir) car elle est perçue comme un homme faisant du drag, alors que le personnage explique à quelques reprises être une femme trans.

Le personnage de Dragman est aussi fortement inspiré de l'autrice du livre (Steven Appleby), et est intéressant en terme de représentation trans puisqu'elle montre un parcours qui n'est pas binaire. Tout comme Dragman (August Crimp, hors de son costume), Steven Appleby est une femme trans qui a fait le choix de garder son prénom de naissance.

Conclusion

Le livre aborde des sujets très sérieux de manière détendue et avec un humour très fin. De plus, le cumul des intrigues se résout de manière harmonieuse, ce qui en fait un livre bien construit de bout en bout. Je l'ai énormément apprécié.

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